Santé

Culottes menstruelles remboursées : qui peut en profiter et comment ?

À partir du 1er octobre 2026, une nouvelle mesure va changer le quotidien de millions de personnes en France : le remboursement des protections hygiéniques réutilisables, et notamment des culottes menstruelles. Cette avancée, votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, répond à un enjeu de santé publique et de pouvoir d’achat qui touche une partie importante de la population féminine. Reste à savoir qui peut réellement en profiter et selon quelles modalités concrètes.

Ce qu’il faut retenir

  • À partir du 1er octobre 2026, les culottes et coupes menstruelles seront remboursées par l’Assurance Maladie pour les femmes de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la C2S.
  • Le remboursement est plafonné à deux produits par an sur une période glissante de douze mois pour les personnes éligibles.
  • L’achat doit obligatoirement être effectué en pharmacie, en présentant sa carte vitale pour une télétransmission directe du remboursement.
  • Les produits éligibles doivent respecter des normes strictes de composition, de capacité d’absorption et de durabilité définies par un arrêté officiel.
  • Les tarifs des protections sont encadrés, avec un prix plafond fixé à 19 euros TTC pour une culotte menstruelle et 15,80 euros pour une coupe menstruelle.
  • La mesure vise à lutter contre la précarité menstruelle et à favoriser l’accès à des protections réutilisables plus respectueuses de la santé.

Qui peut bénéficier du remboursement des culottes menstruelles ?

D’après plusieurs source, le dispositif cible en priorité deux catégories de bénéficiaires bien identifiées. Il s’agit d’abord des femmes de moins de 26 ans, sans aucune condition de ressources, ce qui simplifie grandement l’accès à cette aide pour les jeunes consommatrices. Ensuite, les personnes affiliées à la Complémentaire santé solidaire, connue sous l’acronyme C2S, peuvent également en bénéficier, cette fois sans limite d’âge. Au total, ce sont environ 6,7 millions de personnes qui pourraient être concernées par cette mesure, ce qui donne une idée de l’ampleur du dispositif mis en place par les autorités sanitaires.

Les critères d’éligibilité pour obtenir un remboursement

Pour les femmes de moins de 26 ans, le remboursement s’effectue via l’Assurance Maladie à un taux compris entre 55% et 65%, certaines sources évoquant plus précisément un taux de 60%. Les 40% restants peuvent ensuite être pris en charge par une mutuelle ou un organisme complémentaire, ce qui permettrait dans certains cas d’atteindre une couverture quasi intégrale. Pour les bénéficiaires de la C2S, la prise en charge est bien plus généreuse puisqu’elle atteint 100%, quel que soit leur âge. Dans les deux cas, le remboursement reste plafonné à 2 produits par an, ce plafond s’appliquant à partir de la date du premier achat, sur une période glissante de douze mois.

Les situations médicales et sociales prises en compte

Cette réforme s’inscrit également dans une volonté de lutter contre la précarité menstruelle, un phénomène qui touche selon certaines estimations une femme sur trois en France. Au-delà de l’aspect purement financier, l’objectif affiché est de favoriser l’accès à des protections plus respectueuses de la santé et de l’environnement, tout en soutenant le pouvoir d’achat des foyers concernés. Certaines limites sont toutefois pointées du doigt, notamment la restriction d’âge qui exclut de fait les femmes de plus de 26 ans ne bénéficiant pas de la C2S, ainsi que l’exclusion de certaines personnes en situation de précarité qui ne rentrent pas strictement dans ces cases administratives.

Comment obtenir le remboursement de vos culottes menstruelles ?

La procédure a été pensée pour rester relativement simple du point de vue de l’utilisatrice finale. Il n’est pas nécessaire de passer par une ordonnance pour bénéficier du remboursement, ce qui allège considérablement les démarches par rapport à d’autres dispositifs de santé. L’achat doit en revanche obligatoirement s’effectuer en pharmacie, ce canal de distribution ayant été retenu comme seul point de vente éligible au remboursement, du moins pour l’instant. Des discussions ont eu lieu autour de la possibilité d’étendre ce dispositif aux achats en ligne, mais cette option n’est à ce jour pas confirmée par les autorités compétentes.

Les démarches administratives à suivre

Concrètement, l’assurée se présente en pharmacie, choisit un produit répondant aux critères réglementaires, puis règle uniquement la part qui reste à sa charge, le pharmacien se chargeant ensuite de la télétransmission auprès de l’Assurance Maladie, à l’image de ce qui se pratique déjà pour de nombreux produits de santé remboursés. Les pharmacies ont d’ailleurs la possibilité de commencer à passer commande dès maintenant, avant même l’entrée en vigueur officielle du dispositif, afin d’anticiper la demande qui devrait logiquement grimper à partir du 1er octobre 2026. Certains usagers ont toutefois fait part de leurs inquiétudes concernant le délai d’obtention des informations pratiques et le manque de communication de la part des autorités sur les modalités exactes de mise en œuvre.

Les documents nécessaires pour constituer votre dossier

Sur le plan administratif, aucune démarche complexe n’est requise en amont : il suffit de présenter sa carte vitale au moment de l’achat en pharmacie, la qualité de bénéficiaire de moins de 26 ans ou d’affilié à la C2S étant automatiquement reconnue par le système. Les produits eux-mêmes doivent néanmoins répondre à des normes de qualité très strictes, définies par un arrêté du 6 août 2026. Les culottes menstruelles doivent notamment être certifiées Oeko-Tex Standard 100, classe I ou II, et comporter trois couches distinctes : une couche en contact avec la peau, une couche absorbante et une couche imperméable. La capacité d’absorption doit atteindre un minimum de 20 ml et rester stable après 52 lavages, un critère qui garantit la durabilité du produit dans le temps. Les coupes menstruelles, quant à elles, doivent afficher un label écologique reconnu et une capacité d’absorption comprise entre 20 et 30 ml.

Côté tarifs, l’arrêté fixe des plafonds précis afin d’encadrer les prix pratiqués par les fabricants et distributeurs. Une culotte menstruelle ne pourra pas dépasser 19 euros TTC, avec un prix de cession fixé à 14,40 euros hors taxes, tandis qu’une coupe menstruelle sera plafonnée à 15,80 euros TTC, pour un prix de cession de 12 euros. Les produits devront également être proposés en au moins 8 tailles différentes, incluant une taille adaptée aux jeunes filles de 12 à 14 ans, afin de garantir un accès équitable quel que soit le profil de l’utilisatrice. Il est par ailleurs conseillé de demander l’avis du pharmacien pour s’orienter vers des modèles certifiés, notamment en coton bio, drainants et anti-humidité, afin d’éviter le risque d’importation de produits de moindre qualité venus de l’étranger et de profiter pleinement de cette avancée sociale majeure pour la santé des femmes.

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